Le mobilier : renouveler le cadre de vie

D’une grande diversité, la collection de meubles comprend plus de 500 pièces d’Émile Gallé, de Louis Majorelle, de Jacques Gruber mais également d’acteurs moins connus de l’Art nouveau nancéien tels Gauthier-Poinsignon.

L’École de Nancy a souhaité renouveler le cadre de vie et, dans ce contexte, le mobilier a joué un grand rôle. Le musée restituant l’ambiance de la Belle Époque, les meubles sont très présents dans les collections permanentes, depuis les sièges jusqu’aux ensembles plus imposants. Les salles déclinent diverses pièces d’habitation : salle à manger, chambre à coucher, bureau, bibliothèque …

Les meubles dus à Émile Gallé sont à la fois des pièces historiques, telle la table Le Rhin, mais aussi inspirés par la nature, tant dans les motifs marquetés que dans les formes. Pièce maîtresse du musée, le lit Aube et crépuscule (1903-1904) témoigne des dernières avancées techniques et artistiques de l’ébéniste.

Le fonds Majorelle témoigne de l’attachement de l’artiste au goût du XVIIIe siècle. Il comprend des meubles ornés de panneaux marquetés. Un bureau, un guéridon et une bibliothèque associant acajou et bronze doré sur le thème des nénuphars, témoignent de l’évolution de la production de Majorelle en 1900 et de sa notoriété dans ce domaine.

L’œuvre d’Eugène Vallin est illustrée par plusieurs meubles provenant de la collection d’Eugène Corbin qui a acquis plusieurs pièces importantes de ce menuisier d’art : la banquette au mineur, le bureau aux ombelles, la vitrine Hekking. La salle à manger Masson est le seul ensemble vraiment reconstitué du musée ; elle associe meubles de Vallin, panneaux de cuir, et plafond peint de Victor Prouvé, luminaires de Daum, dans une volonté d’unité de l’art, prônée par l’École de Nancy.

Le musée expose d’autres meubles d’artistes s’étant également intéressés à ce domaine, tel le peintre-verrier Jacques Gruber qui associe à ses pièces des panneaux décoratifs de cuir ou de verre gravé. Ou l’architecte Émile André qui a également conçu l’aménagement intérieur et le mobilier de ses édifices.

Le succès rencontré par Gallé et Majorelle a incité des « petits » ébénistes à proposer une production de mobilier naturaliste, diffusé par les catalogues et destiné à une clientèle plus modeste. Le salon aux ombelles de Gauthier-Poinsigon en est une parfaite illustration.